“S’ils nous trouvent dans la brousse, ils vont nous égorger”

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Reprise des massacres dans l’Est de la République centrafricaine

Après l’explosion de violence qu’a connue le pays en 2013 et 2014, puis la relative accalmie qui l’a suivi, des combats et de nouvelles exactions contre les populations ont repris dans l’est du pays. Depuis novembre 2016, les affrontements (notamment dans les préfectures d’Ouaka, de Haute-Kotto et de Mbomou) entre groupes armés s’accompagnent d’attaques ciblées contre les civils, souvent sur la base de critères ethniques ou religieux. 

L’intervention de Médecins Sans Frontières face à la reprise des combats
L’intervention de Médecins Sans Frontières face à la reprise des combats

Les deux principaux acteurs armés qui s’affrontent dans la région sont tous deux issus de l’ancienne coalition Séléka. Il s’agit du Front Populaire pour la paix en Centrafrique (FPRC), un groupe rebelle issu des combattants essentiellement musulmans de la Séléka d’une part, et de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC) comprenant essentiellement des combattants Peuls d’autre part. Des alliances de circonstances se créent, notamment entre le FPRC et d’autres acteurs armés comme les anti-balaka.

Les tensions pour le contrôle du territoire, de ses usages et de ses ressources, se sont muées en violents combats dans la ville de Bria en novembre 2016, se sont déplacées sur l’axe Ippy et étendues dans la région.

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En mars 2017, un père de famille de 45 ans en fuite depuis que son village a été incendié en janvier 2017 déclare aux équipes MSF : « S’ils nous trouvent dans la brousse, ils vont nous égorger ». Son récit résonne avec de nombreux témoignages qui font état d’autres incendies de villages, d’exactions et de massacres commis par les diverses parties au conflit qui oppose UPC et FPRC et leurs alliés.

C’est l’atmosphère étrangement calme qui a prévalu lorsque l’hôpital pédiatrique de Bria a soudainement dû fonctionner comme un centre de traumatologie pour adultes pour prendre en charge un afflux de blessés lors du week-end du 24 au 26 mars 2017 qui a frappé Katie Treble, médecin britannique volontaire MSF en mission à Bria. « Un grand nombre de personnes présentes avaient déjà vu ce type d’événement tant de fois auparavant que la panique ne semblait plus faire partie de leurs réactions, pas même chez les enfants ». Elle ajoute que l’un des patients qui l’a le plus marquée ce week-end-là était une petite fille de trois ans : « elle avait été atteinte d’une balle à la hanche et fut amenée par une quinzaine de membres de sa famille. Elle était incroyablement calme et restait allongée, sans pleurer, coopérant avec nous bien qu’elle ne comprenne pas pourquoi nous voulions la piquer avec des aiguilles, gardant sa main sur sa blessure ». ©Katie Treble/MSF
C’est l’atmosphère étrangement calme qui a prévalu lorsque l’hôpital pédiatrique de Bria a soudainement dû fonctionner comme un centre de traumatologie pour adultes pour prendre en charge un afflux de blessés lors du week-end du 24 au 26 mars 2017 qui a frappé Katie Treble, médecin britannique volontaire MSF en mission à Bria. « Un grand nombre de personnes présentes avaient déjà vu ce type d’événement tant de fois auparavant que la panique ne semblait plus faire partie de leurs réactions, pas même chez les enfants ». Elle ajoute que l’un des patients qui l’a le plus marquée ce week-end-là était une petite fille de trois ans : « elle avait été atteinte d’une balle à la hanche et fut amenée par une quinzaine de membres de sa famille. Elle était incroyablement calme et restait allongée, sans pleurer, coopérant avec nous bien qu’elle ne comprenne pas pourquoi nous voulions la piquer avec des aiguilles, gardant sa main sur sa blessure ». ©Katie Treble/MSF
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René Colgo, chef de mission adjoint de MSF, explique que les équipes qui apportent des services médicaux dans les zones de Bakouma et de Nzako depuis le 26 mars ont trouvé « des corps mutilés laissés à la vue de tous pour terroriser la population ».

Ces violences extrêmes se déroulent en partie dans des zones qui étaient considérées, au cours des deux dernières années, comme relativement stables.

Bertrand Perrochet, coordinateur des opérations fait le point sur la situation dans la province de Mbomou, à l’est de la RCA, où les affrontements se sont rapidement propagés à partir du mois d’avril 2017. Les conséquences pour la population sont considérables.

Dans les villages de la région, les équipes de MSF rencontrent des civils qui sont traumatisés. Un grand nombre d’entre eux ont aussi été chassés de leurs foyers et ont perdu l’accès à leurs champs et à leurs moyens de subsistance. Durant les affrontements ou par peur des attaques, certains se réfugient en brousse, où ils survivent grâce à ce qu’ils peuvent y trouver à manger, d’autres dans des camps de fortune en espérant y trouver une certaine protection.

La situation humanitaire centrafricaine en chiffres
La situation humanitaire centrafricaine en chiffres

La peur des attaques motivées par l’appartenance à telle ou telle communauté  incite les habitants à rester enfermés, à ne pas sortir de leurs quartiers respectifs, ce qui impacte notamment l’accès à des soins appropriés pour les malades et les blessés.

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